GAZA LA VIE

Écrits de Ziad Medoukh

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8 mars 2026 en Palestine

Les femmes palestiniennes : résilience, dignité, endurance et création

Pour cette Journée internationale des droits de femmes, célébrée le 8 mars de chaque année partout dans le monde, les femmes palestiniennes malgré leur souffrance dans tous les territoires palestiniens montrent une fois de plus leur capacité à résister contre l’occupation et à jouer un rôle plus important dans la société.

Ces vaillantes et courageuses, présentes sur tous les fronts, qui se battent inlassablement pour leurs droits bafoués au quotidien sous le joug de l’occupation, luttent contre l’oppression, pour l’égalité et la liberté.

Dans un contexte marqué par les guerres, la violence et les événements terribles, les femmes palestiniennes essayent avec une patience extraordinaire et une volonté remarquable de participer à maintenir l’espoir dans une région occupée et dévastée.

Mais en Palestine, cette journée est empreinte de douleur. Les femmes qui ont survécu aux multiples agressions affrontent une réalité d’une brutalité indescriptible. Des milliers de femmes ont perdu leur maison, leur famille et leurs rêves et se retrouvent plongées dans une lutte quotidienne pour survivre parmi les ruines, la souffrance et les blessures.

Ces femmes ont montré, une fois de plus, leur courage et leur détermination lors de cette agression horrible de 30 mois contre la population civile de la bande de Gaza, et lors des attaques sanglantes des colons et soldats en Cisjordanie occupée.

Oui, nos femmes sont reconnues par leurs précieuses qualités humaines et professionnelles, pour leur volonté, leur ténacité, leur abnégation, leur acharnement au travail, leur attachement indéfectible à leur terre età leur patrie, leur patience, leur création et leur dignité, de même que parleur investissement plein et entier dans l’éducation d’une nouvelle génération, déterminée et confiante.

Ces héroïnes des temps modernes, qui n’ont jamais baissé les bras en dépit d’une situation explosive au quotidien, malgréles différentes agressions ravageuses et meurtrières de cet état d’apartheid, l’impitoyable répression de la part des soldats et des colons israéliens, sont aussi des mères extraordinaires.Ignorant la peur, elles protègent leurs enfants contre les balles et les bombes de l’occupant.

Les Palestiniennes sont les piliers de la famille, de la société, et de la Nation. Elles manifestent symboliquement, avec une rare abnégation, d’un lieu de souffrance à un autre, d’un camp de réfugiés à un check-point, d’une ville assiégée à une autre occupée, d’une prison fermée à une prison à ciel ouvert, et d’un quartier dévasté à un autre détruit.

Elles représentent larichesse de notre terre, lalumière de notre mémoire, l’ange de notre histoire et lesymbole de notre paix, lesens de notre identité et laterre de nos ancêtres. Elles incarnent l’avenir de notre grande Palestine de liberté, de paix, d’espoir et de justice.

Les femmes de Palestine méritent tout notre respect. Elles méritent des lois qui améliorent leur statut dans notre pays et pas seulement ce congé d’une journée décidé par le gouvernement palestinien depuis treize-ans. Elles méritent notre admiration. 

Nous honorons leur héroïsme dans une conjoncture extrêmement difficile , angoissante et funeste, marquée par l’intensification de l’occupation et de la colonisation dans les territoires palestiniens, par la multiplication des agressions israéliennes sanglantes, en particulier contre la bande de Gaza ces dernières années, sans parler des projets régionaux et internationaux qui visent la liquidation de la cause palestinienne et de la situation humanitaire catastrophique dans une bande de Gaza détruite totalement ni de l’absence de perspectives pour toute une population, qui attend toujours une solution politique et la fin de l’occupation. 

« L’année 2025 a été assombrie par les décès de 3250 femmes et jeunes filles palestiniennes « 

L’année 2025 a été assombrie par les décès de 3250 femmes et jeunes filles palestiniennes : 3210 d’entre elles ont péri sous les bombardements israéliens dans la bande de Gaza, et 40 ont été assassinées par l’armée d’occupation et les colons en Cisjordanie occupée. Sans oublier les 16000 femmes de Gaza qui ont perdu leurs maris lors de la récente agression terrible et son devenues veuves, et les 20 000 femmes endeuillées après l’assassinat de leurs enfants. À ce lourd bilan macabre s’ajoute la détention, tout aussi intolérable, de plusieurs femmes dans les prisons israéliennes parmi lesquelles figurent des adolescentes mineures, des mères de famille et des jeunes étudiantes.

Où qu’elles soient en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, dans les territoires de 1948ou en exil – les femmes palestiniennes demeurent plus que jamais déterminées et espèrent, comme toute notre population, des lendemains meilleurs, des lendemains placés sous le signe de la liberté et de la paix, des lendemains de justice. Elles fêtent le 8 mars 2026 dans les larmes, la douleur, la souffrance et la peine. Elles pleurent les morts, elles pensent aux blessés, aux prisonniers et à toute notre population civile qui subit au quotidien un sort effroyable.

La femme palestinienne, qui mène son combat sans relâche, avec une dignité et un courage exceptionnel, est à la fois la mère du jeune assassiné, la femme du prisonnier, la grand-mère des jeunes désespérés. Elle est toujours présente pour soutenir son mari, pour aider ses enfants, pour insuffler de l’espoir et pour participer au développement d’une société en pleine crise. 

Elle est fortement investie dans la vie sociale, culturelle et économique et joue un rôle essentiel au sein de la famille, dans les villages, les villes, les camps de réfugiés, les quartiers, les associations, les coopératives familiales et agricoles. Partout,elle fait preuve d’une grande résilience face à la dévastation, elle est un élément majeur de cohésion dans la société palestinienne.

Les statistiques à cet égard sont éloquentes : le nombre de femmes travailleuses a atteint 200.000, 75% des personnes qui fréquentent les universités en Palestine sont des femmes, et le taux de scolarisation chez les jeunes filles palestiniennes dépasse les 96%.

Beaucoup d’entre elles sont devenues les seuls soutiens de leur famille (60.000 jusqu’en mars 2026 ) et se battent pour subvenir aux besoins de leurs enfants, en créant des opportunités.

Les femmes de Gaza ont développé pendant cette agression horrible avec détermination les principes de la solidarité familiale et sociale avec des projets économiques et sociaux dans les camps de déplacés, dans les centres d’accueil, dans les quartiers dévastés, et devant les immeubles détruits afin d’aider les familles à survivre en leur apportant soutien et soulagement face aux conséquences graves de l’offensive, à l’image de ces femmes bénévoles, dont des veuves, qui mènent une initiative caritative à Gaza pour confectionner du pain et le distribuer gratuitement aux familles déplacées dans les écoles, les quartiers, les abris et les tentes et réaliser des projets éducatifs et de formation.

Ces projets ont montré l’esprit d’initiative et la force extraordinaire de ces femmes créatrices.

La Palestine rend un vibrant hommage à toutes les femmes solidaires de notre juste cause, partout dans le monde, pour leur courage, leur mobilisation et leurs actions diverses de soutien au peuple palestiniendans sa lutte pour la liberté et pour la justice. 

Vive les Palestiniennes, vive les femmes solidaires de notre cause. Le combat se poursuit pour une Palestine libre ! Avec une place plus importante pour les femmes.

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Gaza : s’accrocher à un petit espoir ou attendre désespérément un changement et une amélioration

Fin février 2026, 4 mois et demi après l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu, la situation est toujours tragique et dramatique. La population continue de souffrir au quotidien, aucune amélioration n’est soulignée.

Les bombardements continuent, moins intensivement c’est vrai, mais avec chaque jour des attaques sanglantes et des incursions militaires de la part des chars et des blindés de l’occupation. Pendant ces 4 mois de cessez-le feu, on compte 623 morts et 1850 blessés palestiniens.

Autre point très important : selon la 2e phase du plan de Trump, les forces de l’occupation devaient se retirer de toute la bande de Gaza, or, chaque jour, la ligne jaune avance au point qu’aujourd’hui, 62 % de la bande de Gaza est occupée par l’armée israélienne.Les Palestiniens qui veulent se rendre sur les décombres de leurs maisons pour y récupérer un peu de leurs biens se font tirer dessus par des snipers ou des drones. Déjà 160 Palestiniens sont morts, à 100/200 mètres de la ligne jaune, alors qu’ils étaient du bon côté (du côté autorisé).

Troisièmement : Le gouvernement de technocrates palestiniens qui a été nommé il y a 2 mois et avait reçu un accueil favorable des Américains, de l’autorité palestinienne, des partis politiques ainsi que de la population, de l’Union européenne et de la Ligue arabe, est toujours bloqué en Égypte et ne peut pas entrer à Gaza.

Interdire à ce gouvernement de technocrates palestiniens d’entrer complique tout parce qu’il n’y a personne aujourd’hui à Gaza pour gérer la situation, ni gouvernement, ni autorité, tout est aléatoire notamment en ce qui concerne la situation humanitaire. Il faudrait pouvoir constater la réalité pour pouvoir aider la population.

Il y a, c’est vrai, quelques organisations internationales qui continuent de fonctionner mais avec beaucoup de difficultés. On a besoin d’un gouvernement, de ce gouvernement de technocrates qui avait été approuvé par le Conseil de la paix, un gouvernement avec des facilités et des compétences pour gérer et redonner ainsi un peu d’espoir à le population civile.

Quatrièmement : L’ouverture du passage de Rafah.

En réalité, ce passage n’est que très partiellement ouvert. La priorité est donnée aux malades et aux blessés mais les autorisations ne sont données qu’au compte-gouttes. 15000 personnes attendent de pouvoir être évacuées.

Jusqu’à présent, par jour, seuls 15 malades chroniques ou blessés et une trentaine d’accompagnants sont autorisés à sortir de la bande de Gaza par jour alors que moins de 40 personnes ont pu retourner chez elles, à Gaza.

C’est scandaleux ! Les autorités israéliennes disent avoir ouvert le passage mais ce sont elles qui contrôlent tout, tant à l’entrée qu’à la sortie.

L’arrivée de l’aide humanitaire est toujours limitée. Il y a, c’est vrai, une petite amélioration en ce qui concerne la nourriture mais tout coûte très cher, notamment dans la ville de Gaza. Les organisations internationales sont débordées mais essaient de satisfaire les besoins énormes de la population, notamment des plus pauvres.

Même les promesses du Conseil de la paix dans sa réunion le 19 février à Washington de reconstruire la bande de Gaza et apporter un soutien urgent pour les Palestiniens de Gaza n’ont pas beaucoup d’échos, car pour la population civile, le plus important c’est le concret et l’application des décisions.

80% de la population civile de la bande de Gaza n’ont plus de revenu. Ils ont tout perdu et vivent de l’aide humanitaire, sous tentes dans les camps de déplacés. Mais, avec le peu de camions qui sont autorisés à entrer dans la bande de Gaza, les organisations internationales ne peuvent satisfaire les besoins que de 50% de la population. Les autres continuent donc de souffrir de l’insécurité alimentaire.

18 % des Palestiniens de Gaza sont des fonctionnaires de l’autorité palestinienne ou du gouvernement de Gaza. Ils reçoivent 50 % de leur salaire mais ils ne bénéficient pas de l’aide humanitaire qui est réservée aux plus démunis. Ils doivent tout acheter eux-mêmes, la nourriture sur le marché, l’eau potable, le bois, les médicaments, l’accès à internet, etc. Pour se soigner, ils doivent payer des médecins privés.

2% de citoyens sont soit commerçants, soit employés par des ONG internationales. Ces 2 % de la population ont un revenu qui leur permet d’acheter de la marchandise dans les marchés, d’aller au café et au restaurant ou de se procurer des produits de luxe. Mais ils sont une minorité et on peut donc dire que la situation reste dramatique pour toute la population civile dans la bande de Gaza.

L’occupation profite de cette atmosphère d’incertitude pour poursuivre sa politique coloniale et continuer à imposer sa force militaire sur la Cisjordanie (déplacement de population, démolition de maisons et incursions de colons très violents, déplacements forcés de la population (notamment à Jenine et au nord de la Cisjordanie occupée), etc.

La colonisation a déjà avalé 73 % de la Palestine. Avec le plan de colonisation annoncé, elle prendrait les 98 % des terres palestiniennes, directement par la colonisation et indirectement par de nouvelles lois imposées aux Palestiniens de Cisjordanie occupée. Si on croit les chiffres, il ne resterait pour les Palestiniens que les villes de Ramallah, Naplouse, une partie de Hébron et une partie de Bethlehem. Presque toutes les autres villes et villages seraient annexées par les colonies illégales.

Personnellement, je viens d’avoir 60 ans le 18 février, j’essaie de tenir bon avec ma famille et les gens autour de moi. J’essaie de remonter le moral des jeunes. Je m’occupe de trois centres éducatifs et avec le soutien des solidaires francophone, j’essaie de leur fournir des fournitures scolaires, des vêtements, des repas chauds, des fruits, et, quand certaines choses sont disponibles sur le marché, des chaises et des tables.

On organise des activités de soutien psychologique pour les enfants traumatisés avec des jeunes francophones.

Je continue d’écrire, de témoigner, de publier des articles et des livres, et d’échanger avec les amis, les solidaires francophones. Ce n’est pas toujours évident dans le contexte de Gaza actuellement.

J’ai été très affecté par la mort de Leila Shahid, cette femme exceptionnelle qui incarnait la Palestine en toute dignité, cette diplomate et humaniste, j’ai eu la chance de la rencontrer plusieurs fois en France et à Gaza, elle représentait le combat d’un peuple en quête de sa liberté.

Les Palestiniens attendent un changement et des améliorations mais l’attente est très longue et les choses n’avancent pas.

On essaie de tenir bon, de supporter l’insupportable et de garder ce petit espoir qui nous maintient en vie.

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Bonne année 2026 de Gaza la dévastée

Bonjour de la Palestine occupée
Bonjour de Gaza la détruite
Les amis et les solidaires partout dans le monde :
Bonne année 2026
Excellentes fêtes
Avec mes vœux les meilleurs et les plus chaleureux de Gaza l’horrifiée pour cette nouvelle année 2026.


Avec des souhaits pleins de fraternité, de paix et d’amour.
Que cette année vous apporte bonheur et prospérité, joie, paix et amour.
En espérant que cette nouvelle année verra enfin refleurir l’espoir.
Je vous souhaite une année prometteuse et positive pleine d’énergie. Puisse cette nouvelle année, réaliser tous vos projets et tous vos souhaits.
Que cette année soit une année de liberté et de justice pour le peuple palestinien et tous les peuples opprimés.
Mes sincères amitiés de Gaza la dévastée à chacune et chacun d’entre vous.
Vous la force de solidarité et de soutien à notre cause de justice, vous la fidélité à notre résilience et notre survie.


Après cette année 2025 dramatique , une année douloureuse et jalonnée d’épreuves pour les Palestiniens, avec cette agression horrible contre la bande de Gaza qui entre dans troisième année, et les attaques sanglantes des soldats et colons en Cisjordanie occupée
Et après tant d’années désespérantes !
Mais il faut y croire et de nouveau espérer
Entrons en 2026 avec résilience, force et espoir
Transformons l’obscurité et le chagrin de nuits sans étoiles en un paysage de lumière.

Ziad Medoukh

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Les jeunes et les enfants plantent des engrais et des semences à Gaza la dévastée

Malgré une situation explosive, un groupe de jeunes et d’enfants de Gaza a participé début décembre 2025, avec les familles, à planter des engrais et des semences dans un espace à côté des tentes.

Ils ont cultivé de petites surfaces et ont disposé des plantes et arrosé le terrain afin d’exploiter cet espace et soutenir les familles.

Ziad Medoukh a confirmé que la participation de ces jeunes et de ces enfants à cette action montre leur ouverture sur la société civile dans la bande de Gaza, ainsi que leur participation aux différentes activités et occasions dans les familles et dans la société en dépit d’un contexte très difficile avec la tragédie vécue pendant les deux ans de l’agression horrible contre la bande de Gaza.

Il a ajouté que cette activité renforcera la résilience et l’attachement des paysans à leur terre pour cultiver des récoltes durables qui fournissent une source de nourriture pour les familles.

En cultivant et en plantant, ils ont cultivé l’espoir.

Pour visionner une partie de cette activité de bénévolat, cliquez sur ce lien réalisé par la chaîne  » Gaza la vie » :

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Les jeunes francophones distribuent des biscuits aux enfants de Gaza dans un quartier dévasté mi-octobre 2025

Les jeunes francophones de Gaza participent à la joie des enfants qui ont beaucoup souffert pendant cette agression horrible de deux ans.

Ces jeunes motivés ont distribué des biscuits aux enfants de Gaza dans un quartier dévasté mi-octobre 2025

Bravo à ces jeunes francophones de Gaza qui organisent des activités variées aux enfants dans des quartiers visés dans le cadre d’une initiative citoyenne qui montre l’engagement des jeunes de Gaza dans la société et qui renforce la solidarité entre les habitants, notamment dans cette période particulière.

Les jeunes ont été très heureux de distribuer des biscuits à ces enfants courageux, qui continuent à sourire malgré leur traumatisme.

Les enfants ont été très heureux de voir ces jeunes venir à leur aide en cette période atroce.

Ces jeunes motivés malgré l’horreur absolue essaient d’aider ces enfants souvent traumatisés à retrouver leur sourire.

Un peu de joie pour ces enfants privés de tout dans une région enfermée.

Gaza la détruite

Gaza la dévastée

Mais Gaza le sourire de nos enfants et la volonté de nos jeunes.

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Gaza meurt de faim

Après 22 mois de cette agression horrible, la situation va de mal en pis dans la bande de Gaza.

En plus des bombardements intensifs et incessants, l’insécurité, les sentiments d’angoisse, de peur, d’inquiétude, d’attente, notamment dans le nord de la bande de Gaza, une vraie famine s’installée.

Et moi, personnellement, je vis… Je suis en train de vivre la détresse totale.

C’est difficile de raconter, de décrire tant la situation est horrible. Depuis presque deux semaines, il n’y a quasi rien sur le marché. Les produits sont introuvables et le peu qu’on y trouve, ce sont quelques pâtes, quelques boîtes de conserve, lentilles, haricots blancs, petits pois, ça coûte très très cher, des prix impensables.

Je vais tous les jours au marché et je reviens sans rien. Cela me fait de la peine pour les enfants, pour les gens qui habitent avec moi. Tout le monde souffre.

La solidarité familiale et sociale qui a toujours été un point fort dans l’enclave palestinienne, même assiégée, est devenue minimale.

En ce qui me concerne, je reste parfois deux ou trois jours sans rien manger. Je préfère donner un morceau de pain pour mes enfants au lieu de manger. On est arrivés à une situation catastrophique.

Seuls deux ou trois camions de ravitaillement passent par jour, destinés aux organisations internationales, organisations qui mettent leur contenu dans leurs dépôts sous prétexte qu’il n’y a pas assez pour distribuer à tout le monde. Ces dépôts sont régulièrement attaqués par des groupes armés ou par des personnes affamées.

Le soir, il y a des groupes armés ou des personnes affamées qui volent ces denrées alimentaires et les organisations internationales disent qu’elles ne peuvent rien faire. Je ne sais pas, est-ce qu’elles ont leurs propres clientèles, ou est-ce qu’elles sont complices de ce piège mortel, de cette famine utilisée comme arme de guerre par l’occupation ?

Ces centres sont gérés par une société américaine, des mercenaires américains complices avec l’occupation.

Les cartons contenant des sacs de farine et de la nourriture sont jetés hors des camions et quand la population affamée s’approche pour récupérer quelques sacs ou quelques boîtes de conserve, l’occupation lui tire dessus.

Depuis le 27 mai jusqu’à fin juillet 2025, il y a presque eu 1130 morts et 6900 blessés palestiniens. Cela montre que ce plan de créer ces centres de distribution gratuite, est un piège mortel pour les Palestiniens de Gaza.

Il y a de plus des commerçants malhonnêtes qui récupèrent l’aide puis la revende beaucoup plus cher à Gaza ville. Exemple : Si un sac de farine de 25 kg s’achète 250 € (10 € le kilo) il sera revendu 50 à 60 € le kilo à Gaza ville. Pour 1 kg de sucre, il faut compter 130 €. 1 kg de riz, 80 € !  Impensable !

Le problème, c’est qu’il n’y a plus ni autorités, ni gouvernement, ni société civile pour gérer la situation, organiser le marché et contrôler les prix. Sans prendre en considération les besoins énormes de toute une population civile, les commerçants décident eux-mêmes des prix pour profiter au maximum, les augmentent, même si les produits ont été soit volés, soit récupérés gratuitement, soit achetés à très bas prix par des personnes qui ont pris de grands risques pour aller les chercher.

Comment la population survit-elle dans cette situation extrême ? Personnellement, je souffre et, pourtant, je fais partie de la classe moyenne.

Avec d’autres habitants, nous avons décidé de boycotter les commerçants qui profitent, mais jusqu’à quand ?

Je dois nourrir mes enfants, mais c’est trop cher.

Je me pose toujours la question : est-ce que je suis têtu ? Est-ce que, parce que j’ai refusé de quitter Gaza, j’en paie aujourd’hui les conséquences ? Je ne sais pas. Mais c’est difficile de raconter, de décrire ma détresse totale, mon incapacité d’agir dans cet enfer, parce que c’est l’impuissance totale.

Et pourtant, moi, je suis privilégié parce que j’ai des amis, j’ai des réseaux. Je parle avec une dizaine de personnes par jour sur Internet. On échange, on discute, ils me soulagent, m’envoient des photos, des vidéos de la solidarité.

Je suis actif dans la société civile, j’essaye de soulager la douleur des enfants, leur peine d’être privés de tout en organisant des activités, en distribuant des jeux, mais à l’intérieur de moi-même, trop, c’est trop. Je souffre au quotidien.

 Je suis malade, je n’arrive pas à me soigner. Il n’y a pas d’hôpitaux, il n’y a pas de médicaments, il n’y a pas de laboratoire, donc la situation est terrible.

Je ne sais pas quoi faire. Le sentiment d’impuissance est horrible. Et pourtant, comme je viens de le dire, moi j’ai un réseau, je parle avec les gens… J’essaye de passer beaucoup de temps en écrivant, en témoignant, en échangeant avec les amis, les solidaires, mais trop, c’est trop.

Néanmoins, pour une fois, j’ai décidé de laisser tomber mon orgueil, et j’ai demandé de l’aide par l’intermédiaire de quelques amis français, suisse ou belges ayant des liens avec des structures qui financent des associations à Gaza. Ces associations prétendent distribuer de la nourriture à des centaines de familles dans la ville de Gaza et envoient des photos et des vidéos de leurs actions tous les jours sur les réseaux. J’ai demandé un peu de nourriture pour ma famille et moi, ainsi que pour les déplacés de mon immeuble.

La réponse des associations est qu’elles ne peuvent rien fournir car tout est cher. Mais comment font-elles alors pour nourrir des centaines de familles comme elles le prétendent, photos et vidéos à l’appui ? Pourquoi ne peuvent-elles pas m’envoyer quelques denrées alimentaires ou des repas chaud ?

On sent que tout le monde est complice pour briser la volonté de la population civile déjà épuisée et horrifiée.

Imaginez-vous, les gens sont en train de tomber dans la rue. Souvent, quand je sors le matin pour chercher de l’eau potable, du bois ou de la nourriture, je vois des jeunes – je ne parle ni des enfants ni des personnes âgées – mais des jeunes de 20 à 25 ans qui tombent dans la rue parce que ça fait plusieurs jours qu’ils n’ont pas mangé.

Jusqu’à jeudi 24 juillet 2025, 115 palestiniens dont 85 enfants sont morts à cause de la malnutrition.

Il n’y a rien, il n’y a rien dans le nord, il n’y a rien dans la ville de Gaza, tout est très cher. Jusqu’à quand va-t-on pouvoir supporter l’insupportable ? On est toujours là, on essaye de tenir bon, on essaie de montrer qu’on est fort, mais trop c’est trop.

Quel que soit le témoignage, la réalité est plus dure que les photos et les vidéos envoyées sur les réseaux sociaux.

Il n’y a pas que la famine qui rend la vie insupportable à Gaza. Les bombardements incessants minent le moral des habitants qui ne savent plus où trouver de l’espoir.

Voilà ce que je voulais partager avec les amis. Peut-être que cela va me soulager un peu…

ZM, 24 juillet 2025

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La détresse totale à Gaza

Un professeur de français raconte le calvaire d’une région dévastée.

Après plus de 18 mois d’agression horrible suivi de deux mois de trêve fragile, les accords ont été rompus par l’occupant et les bombardements ont repris dans toute la bande de Gaza. Depuis le 2 mars dernier, tous les passages qui permettent à l’aide humanitaire d’arriver sont fermés.

La population palestinienne de Gaza est horrifiée, terrifiée, fatiguée. Elle manque de tout. C’est la pénurie.

Avant l’agression, il y avait 1230 puits d’eau qui fonctionnaient au carburant et grâce aux panneaux solaires.

L’occupation a détruit 990 puits. Il en reste environ 240 mais qui ne fonctionnent qu’à 30 % de leur capacité à cause de la pénurie de carburant et de panneaux solaires. Des camions-citernes tournent dans les quartiers dévastés et détruits. Chaque foyer a droit à 20 litres tous les trois jours. Un gallon d’eau potable (4 litres) coûte 4 Euros. C’est très cher mais malgré le prix les familles sont obligées d’en acheter. L’eau potable est rare, la qualité n’est pas très bonne malheureusement.

À la pénurie d’eau potable s’ajoute la crise en eau domestique. Elle est difficile à trouver parce que les canalisations ont été détruites par les bombardements.

Cela rend la vie très difficile pour les familles qui doivent parfois marcher 500m. pour avoir 2 ou 3 gallons d’eau. On voit quelques fois des dizaines, des centaines de personnes qui font la queue dans les rues pour avoir de l’eau. C’est terrible.

la nourriture. Depuis le 2 mars, l’occupation a fermé tous les passages qui relient Gaza à l’extérieur. Plus rien ne passe. Les produits alimentaires sont presque introuvables sur le marché et leurs prix sont très très élevés. La population ne mange qu’un seul repas par jour, un repas très modeste qui se compose souvent de riz, de pâtes ou de boîtes de conserve. On est obligé de se contenter de cela parce que c’est la seule chose qu’on trouve encore sur le marché où il n’y a plus ni fruits, ni légumes, ni poulet, ni viande, ni poisson, ni rien du tout.

il y a pénurie de médicaments et de matériel médical en plus de la dévastation et la destruction des hôpitaux. Dans la bande de Gaza, 30 hôpitaux sont complètement hors service.

Dans le nord de la bande de Gaza, seuls quelques cliniques et centres médicaux fonctionnent encore mais il n’y a pas assez de médecins dans ces cliniques. On trouve quelques médecins bénévoles mais c’est insuffisant pour le nombre considérable de malades et de blessés qui ont besoin de soins.

Les médicaments sont très rares et souvent périmés. Il n’y a plus de laboratoires ni de pharmacies. Des milliers de malades et de blessés doivent attendre pour se faire soigner.

Depuis le début de l’agression, le gaz n’est entré, dans la bande de Gaza qu’en très petite quantité pendant la trêve, mais plus rien depuis le 2 mars. La population de Gaza est de nouveau obligée de cuisiner au bois mais le bois est devenu rare et très cher. Un kilo de bois coûte 6 euros. Pour faire à manger pour une famille, on a besoin de 4 kilos de bois alors imaginez, 24 Euros, juste pour un petit repas de pâtes ou de riz. On n’ose plus préparer le thé et le café sur le feu de bois à cause de la pénurie. C’est une situation horrible pour les habitants.

Enfin, il y a pénurie d’électricité. La seule centrale électrique qui ne fonctionnait plus qu’à 30%, a été totalement détruite le 13 octobre 2023. Depuis, l’électricité vient soit des générateurs qui fonctionnent au carburant ou au fioul, soit des panneaux solaires. Ces derniers mois, c’était l’hiver et il faisait froid à Gaza. Il n’y pas eu beaucoup de soleil, pas assez pour que les panneaux solaires fonctionnent bien.

Mais le plus grave avec la pénurie d’électricité est que l’usine de désalinisation, qui permet aux citoyens d’avoir de l’eau potable ne peut plus fonctionner sans électricité.

Le réseau de communication est également touché par le manque d’électricité.

Le 2 avril, toutes les boulangeries de la bande de Gaza ont été fermées, faute de farine et du fioul, les habitants sont obligés à préparer le pain chez eux, mais c’est très difficile avec l’augmentation du prix d’un sac de farine qui dépasse les 200 euros, et le manque de bois.

Les Palestiniens de Gaza sont patients, c’est vrai mais aujourd’hui, ils sont impuissants. Ils essaient de tenir bon mais c’est très compliqué avec l’insécurité, la reprise des bombardements nuit et jour, les déplacements forcés, la famine et une crise humanitaire sans précédent.

Ziad Medhouk, envoyé le samedi 6 avril 2025

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« Plus rien ne fonctionne, mais la vie reprend lentement » :

Ziad Medoukh, enseignant et poète gazaoui, revient sur les conditions de vie des Palestiniens alors que le cessez-le-feu est toujours en vigueur. Il évoque la prise de conscience de la nouvelle génération. En restant et en refusant de partir, ils disent non à la volonté de nettoyage ethnique de Trump et Netanyahou.

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Les jeunes francophones de Gaza participent à la joie des enfants de Gaza

Les jeunes francophones de Gaza participent à la joie des enfants de Gaza pendant cette agression horrible.

Ils ont distribué des cadeaux et des jouets aux enfants de Gaza dans un centre éducatif malgré les bombardements intensifs fin novembre 2024.

Bravo à ces jeunes francophones de Gaza qui organisent des activités variées aux enfants dans des quartiers dévastés en pleine agression dans le cadre d’une initiative citoyenne qui montre l’engagement des jeunes de Gaza dans la société et qui renforce la solidarité entre les habitants, notamment dans cette période particulière d’agression israélienne.

Les jeunes ont été très heureux de distribuer des jouets à ces enfants courageux, qui continuent à sourire malgré leur traumatisme.

Les enfants ont été très heureux de voir ces jeunes venir à leur aide en cette période terrible et particulière.

Ces jeunes motivés malgré l’horreur absolue essaient d’aider ces enfants souvent traumatisés à retrouver leur sourire.

Un peu de joie pour ces enfants privés de tout dans une région enfermée.

Gaza la détruite

Gaza la dévastée

Mais Gaza le sourire de nos enfants et la volonté de nos jeunes.

Vidéo de la distribution réalisée par la chaîne francophone : « Gaza la vie »

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Poèmes d’espoir à Gaza la dévastée

Ziad Medoukh, professeur de français dans les universités de Gaza, chercheur, formateur pour les jeunes de Gaza, poète et écrivain d’expression française, vient de sortir en Suisse son nouveau recueil de poésie.

C’est le quatorzième livre en français et le huitième recueil de poésie publié par l’auteur palestinien, qui continue à dénoncer dans ses articles, poèmes et témoignages l’injustice imposée à toute une population civile dans des territoires palestiniens toujours occupés et dans une région détruite et dévastée.

Ce recueil intitulé « Poèmes d’espoir à Gaza la dévastée » publié aux éditions de Rochefort en Suisse, il regroupe 33 poèmes écrits par le poète palestinien de Gaza entre octobre 2023 et novembre 2024 sous les bombes en pleine agression.

Ce titre choisi pour son nouveau recueil témoigne de la volonté de toute une population de continuer à s’accrocher à la vie et garder espoir pour un lendemain meilleur. Si les forces de l’occupation israéliennes ont décidé de détruire tout en Palestine, les Palestiniens construisent et reconstruisent, car ils aiment la vie.

Dans sa préface à ce recueil, Françoise Jacquet, présidente du collectif Action Palestine à Neuchâtel en Suisse, dit que comme tant de familles, Ziad Medoukh survit aujourd’hui dans les ruines de ce qu’était Gaza mais il reste ce « simple citoyen palestinien de Gaza », ainsi qu’il se décrit lui-même, cet homme humble et courageux qui continue son combat pacifique et aide la jeunesse à garder la tête haute.

Ces poèmes écrits par un Palestinien francophone de Gaza dans des conditions épouvantables au milieu du désastre, en déplacement d’un quartier détruit à un autre dévasté, sont dédiés à tous les Palestiniens partout dans le monde, et en particulier aux Palestiniens de la bande de Gaza, que malgré ce nouveau carnage, résistent, existent et persistent, ils tiennent bon, mais surtout gardent espoir avec une volonté remarquable et une patience extraordinaire dans leur prison à ciel ouvert, et attendent toujours une paix dans la justice.

Le recueil se compose de 33 poèmes, il a été publié dans l’urgence pour graver la mémoire d’une injustice scandaleuse après plus d’un an du génocide en cours. Et montrer que la vie est plus forte l

Ziad Medoukh, le poète, l’écrivain, le militant engagé pour sa cause de justice, et le simple citoyen palestinien, écrit ses poèmes en français, afin de les partager avec le monde francophone.

Pour commander le nouveau recueil de Ziad Medoukh, vous pouvez contacter

Françoise Jaquet

franjaquet@outlook.com

Bonne lecture

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