La démocratie, c’est la liberté d’expression
Nous, les soussigné·e·s, saluons expressément l’initiative du conseiller aux États Carlo Sommaruga d’avoir invité au Palais fédéral, pour un échange, la juriste spécialiste du droit international franco-palestinienne Rima Hassan, militante des droits humains et députée européenne démocratiquement élue (La France insoumise). Cette invitation témoigne d’une Suisse ouverte sur le monde, qui fait vivre ses valeurs démocratiques et entretient le dialogue critique par-delà les frontières.
C’est avec préoccupation que nous suivons la campagne d’hostilité et de diffamation menée depuis plusieurs jours contre Rima Hassan par des organisations pro-israéliennes.
Ce n’est pas la première fois
Ce n’est pas la première fois. Des campagnes comparables, émanant de cercles pro-israéliens, ont conduit à l’interdiction d’entrée et à l’arrestation illégales du journaliste palestinien Ali Abunimah, ainsi qu’à l’annulation d’une manifestation à l’Université de Berne avec la rapporteuse spéciale des Nations unies Francesca Albanese.
Tout aussi gênant est la campagne de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) contre Rima Hassan – à peine deux jours après que la FSCI a refusé de critiquer la peine de mort instaurée par Israël – à motivation raciste et de fait applicable aux seul·e·s Palestinien·ne·s –, « au motif de ne pas vouloir s’immiscer dans la politique israélienne ».
Ce schéma se reproduit aujourd’hui: quiconque porte un regard critique sur les violations du droit international et la politique d’apartheid d’Israël doit être écarté du débat public.
Exiger que Rima Hassan ne soit pas reçue revient à imposer un bâillon qui n’a pas sa place dans une démocratie comme la Suisse. Une démocratie doit pouvoir supporter les voix critiques à l’égard d’Israël – y compris au Palais fédéral, qui ne saurait devenir un lieu d’uniformité idéologique.
Nous demandons donc au Conseil fédéral de ne pas s’opposer à la visite de Rima Hassan et de lui permettre de participer sans entrave à l’échange au Palais fédéral.
Nous, les soussigné·e·s, défendons la liberté d’expression et le droit d’une Palestinienne à défendre les droits de son peuple.
Info fournie par Gesellschaft Schweiz-Palästina