Elisabeth Leonskaja et le jerusalem quartet
Un concert controversé :
Agendé au dimanche 22 mars 2026, ce concert interroge par la personnalité des artistes invités et par leurs relations aux États impliqués dans une guerre pour le cas de la Fédération de Russie, ou d’un génocide, pour le cas d’Israël.
Comme documenté par BDS (Boycott, Désinvestissements, Sanctions), le Jerusalem Quartet est en lien étroit avec le ministre israélien des affaires étrangères. Cette institution permet à Israël de faire du «art-washing», en occultant le génocide en cours.
Le CAP s’est adressé à la Société de Musique de La Chaux-de-Fonds pour lui demander d’annuler le concert prévu le 22 mars 2026.
Ci-dessous les pièces du dossier
« Quatuor de Jérusalem »
1.1 Demande d’annulation
Objet: Demande d’annulation du concert du Quatuor de Jérusalem: un nom qui nie les droits palestiniens.
Nous vous écrivons encore aujourd’hui pour vous demander instamment d’annuler la tenue du concert du « Quatuor de Jérusalem » programmé dans votre institution. Cette demande est motivée par la catastrophe humanitaire et le génocide en cours à Gaza, mais aussi par le symbolisme particulièrement choquant que représente le nom de cet ensemble dans le contexte historique et politique actuel.
Le choix du nom « Quatuor de Jérusalem » n’est pas anodin. Il porte une lourde charge politique que l’on ne peut ignorer. Pour comprendre son caractère provocateur, il est essentiel de se souvenir des Accords d’Oslo de 1993, qui reconnaissaient Jérusalem-Est comme partie intégrante des territoires palestiniens occupés et envisageaient sa future capitale comme celle d’un Etat palestinien indépendant. Ces accords, fondateurs de l’espoir d’une paix juste, actaient la division de facto de la ville entre Jérusalem-ouest, sous contrôle israélien, et Jérusalem-Est, sous occupation militaire mais coeur des aspirations nationales palestiniennes.
Aujourd’hui, la réalité est que Jérusalem-Est reste une ville occupée. Sa population palestinienne fait face à une discrimination systémique, des expulsions forcées et une annexion illégale. En s’appelant « Quatuor de Jérusalem » sans autre précision, cet ensemble efface de fait cette division et cette occupation. Il s’approprie le nom de la ville entière, contribuant à un récit qui nie les droits historiques et politiques des Palestiniens sur leur capitale et qui légitime la mainmise israélienne sur l’ensemble de Jérusalem. C’est un acte de « branding » culturel qui valide une vision politique unilatérale.
Programmer un concert portant ce nom au moment même où la ville de Jérusalem est au centre d’un conflit qui ravage Gaza et où les colonies en Cisjordanie, dont celles autour de Jérusalem, continuent de s’étendre, est une insulte aux victimes palestiniennes. Cela revient à cautionner culturellement une politique qui dénie leurs droits les plus fondamentaux. Alors que la Cour internationale de Justice examine les actes de génocide perpétrés à Gaza, offrir une scène à un groupe dont le nom symbolise l’effacement du peuple palestiniens est inacceptable.
Nous ne mettons pas en cause la musique en elle-même, mais le contexte politique dans lequel ce concert s’insère. Accueillir le « Quatuor de Jérusalem », c’est, volontairement ou non, prendre parti dans un conflit asymétrique. C’est normaliser une vision qui nie les droits palestiniens et banaliser une situation d’apartheid et d’occupation dénoncée par les plus grandes organisations de défense des droits humains.
Au nom du respect du droit international, des valeurs de justice et de la mémoire des milliers de victimes de Gaza, nous vous supplions d’annuler ce concert. Votre institution a le pouvoir d’envoyer un message clair: elle refuse de servir de plateforme à un symbolique qui participe à l’effacement d’un peuple et à la légitimation d’une occupation illégale.
1.2 Ethique
suite du texte
Ce texte de mise au point suivait deux lettres envoyées à la SDM :
Une rencontre entre la SDM et des représentants du CAP a eu lieu le jeudi 4 décembre 2025.
La SDM nous a signifié son impossibilité d’annuler un concert programmé longtemps à l’avance. De plus, le Jerusalem Quartet s’est produit ailleurs en Suisse (27.11, Genève) sans que cela soulève un quelconque problème.
Au vu du génocide en cours à Gaza, certifié par une commission indépendante de l’ONU, au vu des attaques des colons en Cisjordanie, au vu du mépris répété du droit international par l’État israélien, le CAP maintient sa demande et propose les actions suivantes :
Actions
- Informer la population de ce concert et de l’art-washing qu’il représente par le site et une newsletter
- Demander aux éventuel·le·s spectateurs ou spectatrices de boycotter ce concert.
- Distribution d’un flyer sur les marchés avant le concert et à d’autres concerts.
- Rassemblement devant la salle de musique le jour du concert



